Cancer de la prostate: Décryptage

CANCER DE LA PROSTATE

EPIDÉMIOLOGIE

Le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l’homme avec plus de 60 000 nouveaux cas diagnostiqués par an en France.

Le cancer de la prostate ou cancer prostatique est dépisté de plus en plus souvent à un stade localisé chez des patients de plus en plus jeunes.

Tous les cancers de la prostate n’évoluent toutefois pas de la même façon, différents traitements existent aujourd’hui et chaque traitement est décidé au cas par cas, lors de réunions multidisciplinaires, associant urologues, oncologues, radiologues et anatomopathologistes.

DÉPISTAGE

En France aujourd’hui, il est recommandé par l’Association Française d’Urologie d’effectuer un dépistage individuel du cancer de la  prostate à partir de 50 ans et jusqu’à 75 ans. Ce dépistage repose sur deux examens : le dosage du PSA total et l’examen de la prostate par un toucher rectal.

En fonction du contexte il est souvent demandé une IRM prostatique, qui permet de mettre en évidence des zones suspectes et d’analyser au mieux l’enveloppe de la prostate que l’on appelle la capsule prostatique. L’atteinte mais surtout le franchissement de cette capsule témoigne alors du caractère localement avancé du cancer, ce qui aura une influence directe sur le traitement proposé.

BIOPSIES PROSTATIQUES

Réalisées sous échographie, elles ont pour but de prélever du tissu prostatique qui sera ensuite analysé au microscope. L’échographie sera réalisée par voie endorectale, la prostate étant accolée au rectum, un repérage et des prélèvements précis de la glande peuvent ainsi être effectués.

Le principal risque lié à ces biopsies est infectieux (lié au passage transrectal de l’aiguille).

Certaines précautions permettent de diminuer notablement ce risque. Ainsi une antibioprophylaxie est prescrite systématiquement et un lavement le plus souvent.

La présence temporaire de sang dans les selles, les urines et le sperme est classique au décours des biopsies prostatiques.

Le résultat de ces biopsies, s’il s’avère positif, permet une caractérisation plus précise du cancer.

BILAN D’EXTENSION

Réalisé dans le but de préciser au mieux l’extension potentielle de la maladie et sa dissémination éventuelle en dehors de la prostate. Différents examens seront proposés en fonction du cas de chaque patient.

L’IRM prostatique est de plus en plus souvent réalisée avant les biopsies.

L’IRM prostatique est de plus en plus souvent réalisée avant les biopsies.

La Scintigraphie osseuse permet quant à elle de rechercher une éventuelle atteinte osseuse liée au cancer de prostate.

Le scanner est utilisé pour détecter des ganglions pelviens et lombo-aortiques. Il permet également une exploration complète de la cavité abdominale.

TRAITEMENT

Une multitude de traitement existent aujourd’hui dans le cadre de la prise en charge du cancer de prostate. En fonction de l’espérance de vie des patients, des caractéristiques histologiques de la maladie, du stade clinique, du taux de PSA initial, différents traitements sont proposés.

Ce traitement sera différent d’un patient à l’autre car il n’y a pas un cancer de la prostate mais des cancers de la prostate. Chaque patient doit donc être pris en charge de façon spécifique.

Le traitement chirurgical : la prostatectomie radicale

Le but de cette intervention est l’ablation complète de la prostate et des vésicules séminales, glandes accessoires appendues à la prostate. Cette intervention est indiquée en cas de cancer localisé à la prostate.

Dans notre centre d’urologie Val d’Oisien(95), l’intervention est réalisée sous coelioscopie robot-assistée avec le robot DA VINCI.

L’utilisation du robot permet une dissection d’excellente qualité, tout en utilisant de petites incisions cutanées. Les douleurs post-opératoires et la durée d’hospitalisation sont ainsi considérablement réduites par rapport à une chirurgie ouverte conventionnelle.

Dans certains cas très sélectionnés, la prostatectomie robot-assistée est réalisée dans le cadre d’une hospitalisation ambulatoire.

L’enjeu du traitement chirurgical est d’assurer le meilleur contrôle carcinologique de la maladie tout en diminuant au maximum le risque d’effets secondaires, c’est à dire l’incontinence urinaire et l’impuissance.

L’utilisation du robot DA VINCI aide considérablement à améliorer les résultats fonctionnels, mais le recours à une rééducation urinaire ou érectile reste parfois nécessaire.

La radiothérapie

Ce traitement est indiqué dans le cadre du cancer de la  prostate localisé ou localement avancé c’est à dire avec une atteinte du tissu péri prostatique, mais également parfois en cas de cancer de la  prostate métastatique.

L’objectif est alors d’éviter ou de traiter les complications locales de la maladie (rétention d’urine, compression nerveuse…).

La radiothérapie existe sous deux formes : la radiothérapie externe et la curiethérapie.

Radiothérapie externe

Elle fait appel à un «accélérateur linéaire de particules» et va permettre l’irradiation de la prostate par voie externe. Le but est aussi de limiter au maximum l’irradiation des organes de voisinages (rectum, vessie).

Seule la prostate peut être irradiée mais selon les cas il sera décidé d’étendre le champ d’irradiation au delà de la prostate jusqu’aux aires ganglionnaires.

Il est parfois associé un traitement par hormonothérapie. Ce dernier est alors initié quelques semaines avant le début de la radiothérapie.

La radiothérapie s’étale sur 7 à 8 semaines, une séance par jour pendant 5 jours, en ambulatoire. Chaque séance dure de 15 à 20 minutes.

Des effets secondaires liés au traitement sont possibles et tendent à être diminués par l’utilisation d’une méthode de radiothérapie dite conformationnelle (la forme du rayon est adaptée à la forme de la prostate).

Pour ce traitement, nous travaillons en collaboration étroite avec les oncologues de l’hôpital Nord Parisien de Sarcelles et la clinique Sainte Marie à Osny.

Curiethérapie

Son principe repose sur l’implantation définitive au niveau prostatique de grains d’iodes 125 radioactifs.

Le but de cette technique est de diminuer les effets secondaires liés à l’irradiation en permettant la distribution d’une dose de radioactivité élevée aux cellules prostatiques tout en limitant la dose de radioactivité délivrée aux organes de voisinages.

L’implantation de ces grains d’iodes se fait sous anesthésie générale ou péridurale sous contrôle échographique transrectal, à l’aide d’une simple aiguille.

Une hospitalisation de 48 heures est nécessaire.

Ce traitement est indiqué uniquement en cas de cancer de la  prostate localisé sous réserve de certains critères biologiques, histologiques et anatomiques.

Traitement hormonal

Le traitement hormonal est indiqué en cas de cancer de la prostate métastatique c’est à dire quand le cancer s’étend à d’autres organes que la glande prostatique. Il est également utilisé en synergie avec la radiothérapie. Il est enfin également utilisé à titre palliatif chez le sujet âgé même en cas de cancer de  la prostate localisé.

L’objectif de ce traitement est de supprimer la production de testostérone de l’organisme car le cancer de la  prostate est un cancer dont la croissance est directement dépendante de cette hormone.

Ce traitement met donc au repos la cellule cancéreuse et permet de contrôler l’évolution de la maladie. L’efficacité de ce traitement reste transitoire, la maladie reprenant à terme son évolution.

Cette suppression de la production de testostérone est le plus souvent obtenue par l’utilisation de médicaments sous formes injectables mensuelles, trimestrielles ou semestrielles.

De nouveaux traitements appelés « nouvelles hormonothérapies » sont apparus depuis quelques années, nouvelle arme thérapeutique lorsque l’hormonothérapie classique est moins efficace.

HIFU(High Intensity Focused Ultrasounds)

Encore appelé Ablatherm, il s’agit d’un traitement par ultrasons focalisés, toujours en cours d’évaluation. Il est pour l’instant proposé aux patients âgés présentant un cancer de la prostate localisé sous réserve de critères biologiques et anatomopathologiques stricts. Il peut être proposé également en rattrapage de la radiothérapie.

Chimiothérapie

Elle devient nécessaire lorsque la phase d’hormono-résistance apparaît ou en cas de métastases multiples lors du diagnostic.

La décision de mettre en place une chimiothérapie en prise lors de réunions multidisciplinaires.

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